Les réseaux sociaux interdits aux moins de 16 ans ? En Australie, une première étude montre des résultats très limités

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans : les premiers résultats déçoivent en Australie

L’Australie est devenue le premier pays au monde à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Quelques mois après l’entrée en vigueur de cette mesure très attendue, une première étude dresse un constat plus nuancé : l’interdiction peine, pour l’instant, à produire les effets espérés.

Menée par des chercheurs de l’Université de Newcastle et publiée dans le BMJ, l’étude conclut qu’il n’existe « pas suffisamment de preuves » permettant d’affirmer que la loi a entraîné une baisse significative de l’utilisation des réseaux sociaux chez les adolescents de moins de 16 ans.

Des adolescents toujours très présents sur les plateformes

Les chercheurs ont suivi plus de 400 jeunes âgés de 12 à 17 ans, trois mois après l’entrée en application de la loi. Résultat : plus de huit adolescents sur dix continuent d’utiliser des plateformes comme TikTok, Instagram, Snapchat ou Facebook. Beaucoup accèdent encore à leur propre compte, tandis que d’autres contournent les restrictions grâce à de faux profils ou à des VPN.

L’étude pointe également les limites des systèmes de vérification d’âge. Dans la majorité des cas, les plateformes se contentent de demander une date de naissance ou un selfie, sans exiger de pièce d’identité officielle, ce qui facilite les contournements.

Une interdiction qui ne suffit pas à elle seule

Pour les auteurs, ces premiers résultats ne signifient pas que la loi est inutile. Ils montrent surtout qu’une interdiction, sans mécanismes de contrôle réellement efficaces ni accompagnement des familles, ne permet pas à elle seule de modifier les habitudes des adolescents.

Les chercheurs estiment en revanche que ce type de mesure pourrait être plus efficace auprès des enfants qui n’ont pas encore commencé à utiliser les réseaux sociaux, plutôt que chez des adolescents déjà habitués à ces plateformes.

Cette étude pourrait alimenter les débats dans plusieurs pays, dont la France, où un texte visant à restreindre l’accès des plus jeunes aux réseaux sociaux est également en discussion. L’expérience australienne rappelle qu’au-delà de la loi, le véritable défi reste la mise en œuvre de contrôles fiables et l’éducation aux usages numériques.

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