La Côte d’Ivoire veut désormais passer des discours sur l’intelligence artificielle aux premiers projets concrets. À l’issue de la deuxième édition d’IMPACT IA, organisée du 9 au 11 septembre 2026 à Abidjan, le gouvernement ivoirien a présenté les premiers résultats des travaux menés avec Mistral AI et Artefact Côte d’Ivoire. Au total, 77 cas d’usage ont été identifiés, dont 11 considérés comme prioritaires, tandis qu’un Pacte de l’Alliance nationale pour l’IA a été signé avec le secteur privé.
La séquence constitue la première concrétisation importante du partenariat stratégique conclu entre le ministère de la Transition numérique et Mistral le 17 août et annoncé publiquement le 1er septembre. L’accord prévoyait notamment un audit de l’écosystème ivoirien de l’IA, l’évaluation des données et infrastructures disponibles ainsi que l’identification de cas d’usage susceptibles de répondre aux priorités nationales.
77 cas d’usage étudiés, 11 retenus comme prioritaires
Le premier résultat est désormais chiffré. Pendant les travaux d’IMPACT IA, les participants ont travaillé par secteurs afin d’identifier les besoins auxquels l’intelligence artificielle pourrait apporter une réponse concrète. Les travaux ont porté notamment sur l’administration publique, l’agriculture, la santé, l’éducation et le secteur privé.
77 cas d’usage ont ainsi été identifiés. Après analyse et arbitrage, 11 ont été retenus comme prioritaires : trois dans la santé, deux dans l’agriculture, deux dans l’éducation, deux dans l’administration publique et deux dans le secteur privé. Cette sélection constitue une étape importante, mais elle ne signifie pas que onze solutions vont immédiatement être déployées. Le gouvernement doit encore vérifier leur faisabilité technique et financière, préciser les besoins en données et en infrastructures et déterminer les conditions nécessaires à leur mise en œuvre.
L’objectif affiché est désormais de passer de la réflexion au prototype, puis du prototype à la solution déployée. C’est précisément ce changement de méthode que le ministère veut donner à la politique ivoirienne de l’IA.
Mistral AI au cœur de la phase de structuration
Le rôle de Mistral AI dans cette démarche dépasse donc l’image d’un fournisseur de technologie. Le partenariat signé avec le ministère prévoit une mission d’audit stratégique de l’écosystème national. Elle doit permettre de cartographier les acteurs, d’évaluer les ressources, les données et les infrastructures existantes et de déterminer les conditions permettant de déployer des solutions adaptées aux besoins de la Côte d’Ivoire.
Mistral s’appuie pour cette mission sur Artefact Côte d’Ivoire, qui assure l’ancrage opérationnel des travaux sur le terrain. Les résultats de cet audit doivent alimenter une feuille de route destinée à faire émerger des projets pilotes. Le choix des cas d’usage devient donc central. La logique défendue par le gouvernement consiste à partir des problèmes du pays avant de choisir les technologies à utiliser.
Cette approche apparaît également dans le programme d’IMPACT IA. Les ateliers du 9 septembre ont été consacrés à la priorisation des cas d’usage et à l’identification des freins réglementaires, infrastructurels et liés aux compétences, avec Mistral et Artefact aux côtés des participants.
Une politique nationale de l’IA et une alliance avec le secteur privé
La conférence ne s’est pas limitée aux résultats de la collaboration avec Mistral. Le programme officiel prévoyait, le 10 septembre, la signature de la Déclaration de Politique IA Nationale. Le 11 septembre, la clôture d’IMPACT IA a été marquée par la signature du Pacte de l’Alliance nationale pour l’intelligence artificielle.
Ce pacte associe le gouvernement, la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire et la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire. Il doit créer un cadre de coopération, de concertation et de programmation entre l’État, les entreprises et les organisations professionnelles. Les engagements portent notamment sur l’accès et la structuration des données, le renforcement des infrastructures numériques, la formation aux compétences en IA, la recherche et l’innovation ainsi que la mise en place d’un usage éthique et responsable de ces technologies.
L’enjeu est clair : la Côte d’Ivoire cherche à éviter que sa stratégie IA reste concentrée dans les administrations ou dans quelques acteurs technologiques. Le secteur privé doit également participer à l’adoption et à la création de valeur autour de ces technologies.
Une feuille de route sur trois ans doit maintenant prendre forme
La prochaine étape sera celle de la mise en œuvre. Les travaux d’IMPACT IA doivent permettre de finaliser une feuille de route IA sur trois ans, en tenant compte notamment des équipements, des données, du cadre juridique, des infrastructures et des compétences nécessaires. Un rapport global d’audit et de stratégie nationale doit également servir de référence pour les prochaines actions.
Cette trajectoire correspond à la volonté affichée par le gouvernement de faire d’IMPACT IA un espace de travail et de décision plutôt qu’une simple conférence. Le projet doit aboutir à un portefeuille d’actions publiques concrètes et budgétisées sur trois ans.Le gouvernement veut également développer progressivement des capacités nationales. L’objectif annoncé est de permettre à la Côte d’Ivoire de comprendre, maîtriser et adapter l’IA à ses propres réalités, avec à terme des infrastructures, une expertise locale et des modèles spécialisés répondant aux contextes administratifs, économiques, linguistiques et culturels du pays.
La collaboration avec Mistral AI entre ainsi dans une phase plus concrète. Le partenariat a permis de lancer le diagnostic et les travaux de priorisation. IMPACT IA a permis d’en tirer une première liste de besoins et de priorités. Le Pacte national élargit désormais la démarche au secteur privé. Le prochain indicateur sera donc moins le nombre de déclarations signées que le nombre de projets effectivement expérimentés, évalués puis déployés.








