La Côte d’Ivoire veut préparer son enseignement technique aux changements provoqués par l’intelligence artificielle. Le gouvernement a officiellement lancé, le 17 septembre 2026 à Abidjan, un programme destiné à former 3 000 enseignants, encadreurs pédagogiques et chefs d’établissement à l’utilisation de l’IA dans leurs pratiques pédagogiques.
La formation s’inscrit dans la politique de digitalisation de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (ETFP). Elle bénéficie de l’accompagnement technique de l’UNESCO.
Une première phase de 1 000 participants
Le programme commencera par une phase pilote à Abidjan. Elle concernera 1 000 participants et se déroulera du 1er octobre au 30 décembre 2026. Cette première étape doit permettre de tester les contenus, les méthodes pédagogiques et les dispositifs d’accompagnement avant un déploiement progressif dans le reste du pays.
L’intérêt suscité par le programme dépasse déjà les prévisions initiales. Selon l’Agence Ivoirienne de Presse, 1 907 personnes étaient déjà inscrites au moment du lancement. La formation combinera des activités à distance sur des plateformes numériques et des sessions en présentiel animées avec des experts de l’UNESCO.
L’IA pour préparer les cours, mais pas pour remplacer l’enseignant
Le programme ne consiste pas simplement à apprendre aux enseignants à utiliser des outils d’intelligence artificielle. Il doit surtout montrer comment les intégrer dans le travail pédagogique. Les modules prévus abordent notamment les fondamentaux de l’IA, son utilisation dans l’enseignement et l’apprentissage, l’ingénierie pédagogique, l’évaluation des acquis, les disciplines techniques, les travaux pratiques ainsi que les questions d’éthique et de sécurité des données.
Concrètement, l’IA peut aider un enseignant à préparer un cours, créer plusieurs exercices adaptés au niveau des apprenants ou encore faciliter certaines étapes de l’évaluation. Mame Omar Diop, représentant de l’UNESCO en Côte d’Ivoire, a toutefois insisté sur une limite importante : ces outils ne remplacent ni l’enseignant ni la relation humaine au cœur de l’apprentissage. Cette distinction est essentielle dans un contexte où l’arrivée rapide des outils d’IA générative pousse déjà les établissements à revoir leurs méthodes de travail et leurs pratiques d’évaluation.
Former les enseignants pour préparer les compétences de demain
Pour le gouvernement ivoirien, l’enjeu dépasse donc l’utilisation de nouveaux logiciels en classe. Il s’agit aussi de rapprocher l’enseignement technique des transformations du marché du travail. Le ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Jean-Louis Moulot, présente cette initiative comme une nouvelle étape pour adapter les pratiques pédagogiques aux évolutions technologiques et mieux préparer les apprenants aux compétences recherchées par l’économie.
La démarche s’inscrit dans une politique plus large de digitalisation de l’enseignement technique. Le gouvernement avait déjà annoncé en juillet la formation de 3 000 enseignants aux métiers du numérique et à l’intelligence artificielle, avec l’appui de plusieurs partenaires dont l’UNESCO.
Avec ce nouveau programme, la Côte d’Ivoire cherche donc à agir sur l’un des maillons essentiels de la transformation numérique de l’éducation : les personnes qui transmettent les compétences.
Le véritable enjeu sera désormais de mesurer ce que ces formations changeront dans les salles de classe, dans les ateliers et dans les établissements techniques. Après la phase pilote, le déploiement national permettra de voir si l’IA devient réellement un outil pédagogique intégré aux pratiques des enseignants, plutôt qu’une technologie supplémentaire à apprendre.








