YAM‑9 : le satellite assisté par l’intelligence artificielle qui pense par lui‑même

Satellite YAM‑9. Satellite en orbite autour de la Terre avec panneaux solaires et vue des continents sous les nuages.

Une première dans l’histoire de la technologie : un engin spatial a réussi à analyser ses propres données grâce à une intelligence artificielle. Sans attendre qu’un humain au sol lui donne des instructions, le satellite YAM‑9, construit par la société Loft Orbital, a marqué une étape historique. Cette avancée change complètement la manière dont on imagine l’observation de la Terre depuis l’espace.

La routine vs le neuf

Traditionnellement, les satellites prennent des milliers d’images et les transmettent sur Terre. Les analystes doivent ensuite trier et interpréter ces données. Mais YAM‑9 était équipé d’un modèle d’IA appelé Gemma 3, développé par Google DeepMind. Ce modèle est capable de comprendre à la fois du texte et des images. Les chercheurs pouvaient lui poser des questions simples, comme : « Montre-moi où la nature rencontre des constructions humaines », et l’IA identifie directement les zones correspondantes dans les images.

 

Une IA adaptée à l’espace

L’IA utilisée n’est pas une version classique. Elle a été spécialement simplifiée pour fonctionner sur un ordinateur embarqué dans le satellite, avec peu de mémoire et de puissance. Le logiciel NAVI‑Orbital, conçu par le Jet Propulsion Laboratory de la NASA, a servi de clé pour permettre à Gemma 3 de fonctionner dans ces conditions difficiles. Le satellite utilisait une puce Nvidia Jetson Orin AGX, conçue pour le calcul spatial.

Pourquoi c’est important

À court terme, cette innovation permet de réduire la quantité de données brutes envoyées vers la Terre. Le satellite effectue déjà un premier tri, ce qui facilite le travail des analystes. À long terme, cela ouvre la voie à des constellations de satellites capables de surveiller la planète en temps réel. Loft Orbital estime qu’il faudrait entre 50 et 100 satellites comme YAM‑9 pour couvrir toute la Terre en continu.

Les chercheurs imaginent déjà des applications plus ambitieuses. Sur la Lune ou sur Mars, des astronautes pourraient utiliser des assistants IA embarqués pour les aider dans leurs

tâches. Comme ils ne peuvent pas taper sur un clavier dans leur combinaison, une IA interactive pourrait comprendre leurs instructions vocales et les assister, un peu comme dans les films de science fiction.

 

Un nouveau modèle économique

Loft Orbital ne vend pas seulement des satellites. Elle propose une plateforme de service. Les clients peuvent louer ces engins pour leurs propres projets. Par exemple, EarthDaily utilisera six nouveaux satellites Loft pour analyser et commercialiser des données environnementales. Ce modèle ressemble davantage à un service d’infrastructure qu’à une simple fabrication de satellites.

 

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