C’est désormais officiel : la Guinée-Bissau rejoint la galaxie Starlink. Depuis le 10 avril 2025, le pays a accordé une licence définitive à la constellation satellite de SpaceX, marquant une étape décisive pour l’accès à Internet dans l’un des États les moins connectés d’Afrique de l’Ouest.
Jusqu’ici, la connectivité reposait essentiellement sur les infrastructures terrestres d’opérateurs comme Orange et Telecel, souvent peu fiables et inaccessibles dans de nombreuses zones rurales. Résultat : selon les dernières estimations, près de 7 habitants sur 10 n’ont toujours pas accès à Internet.
Avec Starlink, ce déséquilibre pourrait enfin être corrigé.
Une révolution par les étoiles
Starlink propose une alternative audacieuse : fournir une connexion Internet haut débit via des satellites en orbite basse. Plus besoin d’attendre la fibre ou de dépendre d’antennes relais mal entretenues. Une antenne, une alimentation électrique, et l’utilisateur peut capter Internet même en pleine brousse.
C’est cette promesse qui a convaincu l’Autorité nationale de régulation des télécommunications (ARN) de délivrer l’autorisation finale à Starlink, après une période d’essai entamée en décembre 2024. La licence ouvre la voie à une commercialisation nationale dans les prochaines semaines.
La Guinée-Bissau entre dans le club très fermé des pays africains couverts
Avec ce feu vert, la Guinée-Bissau devient le 20ᵉ pays africain à accueillir Starlink. D’autres pays comme le Nigeria, le Rwanda, le Ghana, la Zambie ou encore le Cap-Vert ont déjà intégré cette révolution satellitaire. C’est une expansion méthodique pour SpaceX, qui cible en priorité les marchés où les connexions terrestres restent fragiles ou inexistantes.
Mais au-delà de l’innovation, il y a une réalité géopolitique : la domination technologique américaine s’intensifie sur le continent, et Starlink en est l’un des chevaux de Troie. Dans une région où Huawei ou ZTE jouent aussi des rôles majeurs dans les réseaux télécoms, l’arrivée d’Elon Musk rebat les cartes.
Connecter un pays déconnecté : promesse ou mirage ?
L’arrivée de Starlink soulève autant d’espoirs que de questions. Sur le papier, l’offre semble idéale pour un pays comme la Guinée-Bissau : rapide à déployer, capable de couvrir les zones rurales et adaptée à des territoires peu denses.
Mais dans la pratique, un problème majeur subsiste : le coût. En Afrique, les abonnements Starlink tournent autour de 40 à 50 dollars par mois, sans compter le kit de démarrage qui peut coûter plus de 300 dollars. Autant dire que ce n’est pas pour toutes les bourses.
Se pose alors la question des modèles alternatifs : subventions étatiques, offres communautaires, déploiement dans les écoles ou hôpitaux ? C’est ce que les prochains mois devront éclaircir.
Une nouvelle ère numérique pour la Guinée-Bissau ?
Internet n’est pas seulement une question de confort. C’est un levier pour la croissance, pour l’éducation, pour la santé, pour l’entrepreneuriat. Avec Starlink, les entrepreneurs tech, les agriculteurs connectés, les élèves éloignés ou encore les services publics ont peut-être trouvé une nouvelle porte d’entrée dans l’ère numérique.
La balle est désormais dans le camp des autorités et des opérateurs locaux pour rendre cette technologie réellement accessible.
Le résumé de Yanick !
Starlink s’implante en Guinée-Bissau avec la promesse de connecter les oubliés du numérique mais son impact réel dépendra du coût, des usages, et de la volonté politique d’en faire un outil inclusif.







