L’intégration de l’IA dans les applications comme Duolingo fait fuir les abonnés

L’intelligence artificielle s’impose aujourd’hui comme une force de transformation majeure, investissant presque tous les domaines. Selon un sondage Ipsos-CESI publié en février 2025, 78 % des jeunes de 18 à 24 ans utilisent l’intelligence artificielle générative, qu’ils considèrent comme un outil pratique pour leurs études ou leur vie quotidienne. Pourtant, une partie du grand public reste partagée, exprimant une réticence marquée face à son utilisation croissante et cela entraine le même le boycott de l’intelligence artificielle dans certaines applications.

Le boycott contre l’intelligence artificielle

Plusieurs utilisateurs de services numériques comme Duolingo et Audible ont décidé de résilier leurs abonnements pour protester contre l’intégration massive de l’IA, perçue comme une menace pour l’humain. Karen Crow, fidèle de ces deux plateformes, a mis fin à son engagement en réaction à l’automatisation des voix humaines et à la suppression de postes au profit de l’intelligence artificielle.

Elle pointe du doigt l’impact environnemental et la perte de créativité humaine. Son geste, relayé par d’autres internautes sur Reddit, TikTok ou encore Threads, s’inscrit dans un mouvement de boycott croissant. Beaucoup s’inquiètent pour l’avenir de l’emploi et la place de l’humain dans les processus de création. L’étudiante Kayla Ellsworth résume la préoccupation générale : « Ce phénomène remet en question le rôle de l’humain dans la production culturelle. »

L’IA remplace-t-elle vraiment l’humain ?

En réalité, l’intelligence artificielle tend à compléter l’humain bien plus qu’à le remplacer. Les entreprises qui ont tenté une automatisation totale réalisent que l’humain reste irremplaçable dans des domaines comme la relation client, la créativité, la stratégie ou la gestion des imprévus. Il s’agit désormais de penser une vraie collaboration homme-machine, où chacun apporte ce que l’autre ne peut pas.

Duolingo et Audible défendent ainsi leur recours à l’intelligence artificielle comme un levier d’amélioration. Duolingo affirme que l’intelligence artificielle libère ses employés pour des tâches plus créatives, tout en poursuivant ses recrutements.

Audible justifie l’usage de voix synthétiques par les contraintes budgétaires de certains auteurs, soulignant que cette option permet de produire des livres audio qui n’auraient pas vu le jour autrement, tout en maintenant l’investissement dans la narration humaine.

Mais ces arguments peinent à convaincre. Des voix s’élèvent, redoutant une disparition progressive des narrateurs humains, et certains experts notent que le simple mot « IA » dans un produit peut suffire à rebuter les consommateurs.

Peut-on réellement supprimer l’intelligence artificielle?

Il est vrai que supprimer ou limiter l’intelligence artificielle pourrait présenter certains avantages : préservation des emplois humains, retour à une créativité plus organique, réduction de l’empreinte écologique, reprise du contrôle sur nos données et répit face à des dérives comme les deepfakes, les biais algorithmiques ou la surveillance excessive.

Une partie de la pensée humaine voit dans la suppression de l’intelligence artificielle une possibilité de recentrer les valeurs fondamentales. Toutefois, supprimer totalement l’intelligence artificielle aujourd’hui est non seulement irréaliste, mais aussi potentiellement nuisible. L’intelligence artificielle est profondément ancrée dans nos systèmes : moteurs de recherche, santé, éducation, transport, cybersécurité… Elle façonne discrètement nos vies, souvent à notre insu.

Plutôt que de chercher à l’éliminer, il paraît plus raisonnable de fixer des limites claires à son usage : réglementer, refuser certains services, voire désactiver ceux qui menacent notre autonomie.

L’intelligence artificielle peut assister, accélérer, optimiser ; mais elle ne remplacera jamais la sensibilité, la créativité et l’intuition proprement humaines.

Sources: les numériques

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