Pendant longtemps, la mobilité électrique en Afrique a été freinée par le manque d’infrastructures et la faiblesse des réseaux. Les motos à essence bon marché dominent le marché. Mais ces dernières années, l’Afrique ne reste pas en marge. Avec l’essor de la technologie, le marché africain se regorge petit à petit de motos éclectiques comme Spiro. Cette dernière vient de lever 100 millions de dollars. Un financement mené par le Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA). Un investissement record dans la mobilité électrique sur le continent.
Pourquoi cette levée de fond ?
Spiro a levé 100 millions de dollars pour accélérer son expansion en Afrique, et consolider son modèle de mobilité électrique. Ce financement, mené par le Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA), vise plusieurs objectifs stratégiques.
D’abord, étendre le réseau de stations d’échange de batteries. Ceci va permettre aux conducteurs de remplacer rapidement leurs batteries sans immobiliser leur véhicule.
Ensuite, renforcer la capacité de fabrication locale. Grâce à quatre usines déjà implantées au Kenya, au Nigeria, au Rwanda et en Ouganda, l’ambition d’atteindre 70 % d’approvisionnement local est prévu d’ici deux ans.
Spiro veut aussi lancer des projets pilotes dans de nouveaux pays comme le Cameroun et la Tanzanie. Elle va aussi investir dans la recherche et le développement pour améliorer ses technologies de batteries et optimiser son système énergétique.
Enfin, ce capital permettra de créer des emplois locaux et de nouer des partenariats avec des stations-service, des centres commerciaux et des lieux publics, afin de rendre la mobilité électrique plus accessible, durable et adaptée aux réalités africaines.
Une expansion rapide
Spiro est une entreprise spécialisée dans la mobilité électrique, dont le siège est basé à Dubaï. Elle s’est imposée en quelques années comme l’un des acteurs les plus dynamiques du secteur en Afrique. Son modèle est simple et adaptée aux réalités locales : des motos électriques accessibles, combinées à un réseau dense de stations d’échange de batteries. Cette approche permet aux conducteurs de remplacer rapidement leurs batteries épuisées sans immobiliser leur véhicule, un atout majeur dans des contextes où le temps d’arrêt coûte cher.
L’expansion de Spiro a été rapide. En 2022, la start-up ne comptait que 8 000 motos électriques et 150 stations réparties entre le Bénin et le Togo. Deux ans plus tard, elle opère dans six pays notamment Rwanda, Kenya, Nigeria, Ouganda, Bénin et Togo ; avec plus de 60 000 motos en circulation et 1 500 stations d’échange actives. Ces stations sont installées dans des lieux stratégiques comme des stations-service, des centres commerciaux ou des lieux publics, grâce à des partenariats locaux qui favorisent aussi la création d’emplois.
Le cœur du modèle Spiro repose sur l’efficacité économique. Les motos électriques coûtent environ 40 % moins cher que les modèles à essence, et leur coût d’usage est réduit de 30 % par kilomètre. Les conducteurs, souvent des chauffeurs de motos-taxis, économisent jusqu’à 3 dollars par jour sur le carburant et l’entretien. Ces économies leur permettent d’investir dans un second véhicule ou de lancer une activité complémentaire.
Une concurrence différente
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, pour Spiro, l’enjeu n’est pas de se différencier des autres acteurs de l’électrique, mais de convertir une base massive d’usagers qui roulent encore à l’essence ou qui n’ont pas les moyens d’acquérir un véhicule. L’Afrique compte environ 25 millions de motos, contre 320 millions en Inde, alors que les deux continents ont des populations comparables. Cet écart de 13 fois illustre l’ampleur du marché potentiel que Spiro veut conquérir.
En ciblant les chauffeurs de motos-taxis, qui roulent intensément chaque jour et subissent des coûts de carburant élevés, Spiro propose une alternative économique et durable. Son modèle d’échange de batteries, combiné à des motos moins chères et à un coût d’usage réduit, répond directement aux besoins de ce segment. L’entreprise ne cherche pas à se battre pour une part d’un marché déjà électrifié, mais à élargir l’accès à la mobilité pour des millions de personnes encore exclues.







