À seulement 14 ans, Chérif Kounta a conçu FasoNova, une intelligence artificielle pensée pour répondre aux besoins des Burkinabè et des Africains. Son objectif : aller au-delà des simples réponses aux questions, en accompagnant les utilisateurs dans leurs projets et en proposant une aide adaptée aux élèves. Disponible sur le web, l’outil mise notamment sur un mode mission et une approche pédagogique particulière.
La passion de Chérif Kounta pour la technologie remonte à son enfance. À quatre ans, il découvre une tablette offerte par son père. À dix ans, il crée un calendrier interactif, puis développe TruFinder à onze ans, une intelligence artificielle destinée à lutter contre la désinformation. Il commence la conception de FasoNova à treize ans.
Quelle est la particularité de FasoNova ?
Le jeune développeur explique que les besoins des utilisateurs africains diffèrent selon leurs réalités, notamment dans les domaines de l’éducation, du commerce et de la culture. Il souhaite donc proposer un outil qui tienne davantage compte des langues nationales, des habitudes et du quotidien des populations.
Le mode mission : de l’idée à la réalisation
C’est l’une des fonctionnalités mises en avant par le concepteur. Le mode mission vise à accompagner l’utilisateur dans la réalisation d’un projet, depuis sa préparation jusqu’aux différentes étapes nécessaires à son aboutissement.
Prenons un exemple : une personne dispose d’un million de FCFA et souhaite ouvrir une boutique de télécommunications. Au lieu de lui donner uniquement des conseils généraux, FasoNova peut l’aider à estimer les coûts, à établir la liste des produits à acheter, à évaluer le temps nécessaire et à rechercher des fournisseurs.
L’idée est de transformer une simple demande en un ensemble d’étapes concrètes. L’utilisateur peut ainsi mieux organiser son projet et identifier les éléments à prendre en compte avant de se lancer.
La protection des données des utilisateurs
La question de la confidentialité est importante lorsqu’on utilise une intelligence artificielle. Les utilisateurs peuvent être amenés à lui communiquer des informations personnelles ou des détails sur leurs projets.
Sur ce point, Chérif Kounta affirme que les données des utilisateurs ne sont ni revendues ni utilisées pour entraîner d’autres modèles d’intelligence artificielle. Il indique également que les informations sont chiffrées et hébergées sur des serveurs cloud privés.
Ces garanties sont celles annoncées par le concepteur dans son entretien avec Burkina24. Elles n’ont toutefois pas fait l’objet d’une vérification technique indépendante dans cet article. Comme pour tout service numérique, les utilisateurs doivent rester attentifs aux informations qu’ils partagent et aux conditions de confidentialité du service.
Où peut-on utiliser FasoNova ?
Pour le moment, FasoNova n’est pas encore disponible sur Google Play Store. Le concepteur annonce vouloir y proposer prochainement son application.
En attendant, les personnes intéressées peuvent découvrir l’outil directement sur son site web : https://fasonova.vercel.app/
L’accès par navigateur permet de découvrir le service sans passer par une installation depuis le Play Store.
Une IA pour aider les élèves à mieux apprendre
FasoNova prévoit également un usage dans le domaine de l’éducation. Son approche consiste à aider les élèves à comprendre un exercice plutôt qu’à leur donner immédiatement la réponse.
Lorsqu’un élève soumet un problème, l’IA commence par lui expliquer la méthode à suivre. L’élève réalise ensuite son travail et soumet sa réponse pour vérification. L’outil peut alors relever les erreurs et proposer une correction détaillée.
Cette méthode vise à favoriser la compréhension et l’apprentissage autonome. L’élève est encouragé à réfléchir avant de consulter la correction, au lieu de simplement recopier une solution.
Pour autant, les réponses d’une IA doivent être vérifiées, notamment lorsqu’elles servent à préparer un examen ou à comprendre une notion difficile. L’accompagnement d’un enseignant reste essentiel.
Un projet qui doit encore grandir
Malgré ses ambitions, FasoNova doit encore relever plusieurs défis. Chérif Kounta cite notamment le manque de moyens financiers, qui ralentit le développement de son projet. Il espère bénéficier de soutiens et de partenariats avec des universités, des centres de recherche et des développeurs afin d’améliorer son outil.
À plus long terme, il envisage également de développer des fonctionnalités adaptées aux besoins des structures de santé et de l’administration publique.








