Un petit pas pour l’Ouganda, un grand pas pour l’Afrique. Le 12 octobre 2025, l’Ouganda a inauguré un centre de données d’intelligence artificielle. Le tout premier de l’histoire de l’Afrique.
Ce centre conçu pour rapatrier les données africaines, renforcer la souveraineté numérique et faire du continent un acteur clé de l’économie mondiale de l’IA, est un investissement d’environ 1,2 milliard de dollars. Il est porté par Synectics Technologies, avec des partenaires importants tels que Schneider Electric, Nvidia et Turner & Townsend et s’étendra sur plus de 32 hectares.
Un symbole fort de la souveraineté africaine
Le PDG de Synectics Technologies a affirmé que l’Afrique ne peut plus se contenter d’importer de la technologie. Selon lui, il est temps qu’elle définisse et maîtrise son propre avenir numérique. Ce centre de données d’intelligence artificielle n’a donc pas pour seule utilité de stocker des données mais aussi prouver que le continent est capable de produire ses propres technologies.
Le centre sera alimenté par 100 mégawatts d’énergie renouvelable et conçu de façon modulaire pour permettre des extensions futures. Un centre d’excellence y sera intégré pour former localement ingénieurs, chercheurs et étudiants, un excellent moyen de former les experts sur le continent et réduire la dépendance aux experts étrangers.
Pour Wendy Cerutti, de Turner & Townsend, il ne s’agit pas seulement d’un chantier d’ingénierie, mais d’un signal fort que le continent peut offrir des infrastructures de niveau mondial, tout en respectant des objectifs stricts de durabilité. L’Afrique représente à peine 1 % de la capacité mondiale en centres de données, malgré ses 1,4 milliard d’habitants. Ce centre est une initiative qui vise à combler ce grand écart technologique.
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Un moyen d’assurer la sécurité des données du continent
La majorité des données africaines étaient jusqu’ici stockées à l’étranger. C’est un moyen qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité, la confidentialité et la conformité réglementaire. Ce centre permettra donc de traiter les données sensibles dans les domaines clés tels que la santé, l’agriculture et la finance. Ainsi non seulement les données resteront sur le continent mais aussi, elles seront traitées conformément aux lois locales, notamment celles qui imposent un hébergement sur sol africain.
L’un des objectifs de ce projet est de transformer le paysage numérique. Le centre pourrait bien, selon les experts générer jusqu’à 1500 milliards de dollars de PIB additionnel d’ici 2030 et ce, grâce à l’intelligence artificielle. A travers ce projet, l’Ouganda incarne une ambition panafricaine qui est celle de ne pas demeurer consommateur mais de devenir un acteur clé de la quatrième révolution énergétique.







