La décision provoque une onde de choc dans le paysage médiatique béninois.
Au Bénin, 169 agents de la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB) ont été licenciés le 13 mai 2026 dans le cadre d’un vaste projet de modernisation de l’audiovisuel public. Une restructuration présentée par les autorités comme nécessaire, mais qui déclenche désormais une forte contestation syndicale et de nombreuses inquiétudes dans le secteur des médias.
La SRTB avait remplacé l’ORTB en novembre 2023 avec l’ambition de réorganiser et moderniser l’audiovisuel public béninois. Cette transformation devait notamment passer par un audit de compétences et un volet social destiné à adapter les effectifs à la nouvelle organisation.
Mais sur le terrain, la méthode est vivement critiquée.
Les syndicats dénoncent un processus mené dans la précipitation, sans véritable concertation avec les représentants des travailleurs. Selon Romulus Sodjeme, représentant du Syndicat des travailleurs de l’audiovisuel public, les discussions engagées autour d’un cadre de concertation n’auraient jamais réellement abouti avant l’annonce brutale des licenciements.
Les critiques portent surtout sur l’absence de transparence autour des critères retenus. Plusieurs employés affirment ne pas avoir été correctement évalués ou entendus pendant l’audit de compétences. D’autres dénoncent un licenciement sans préavis, vécu comme un choc humain et social.
Les personnes concernées proviennent de plusieurs services stratégiques : radio, télévision, ressources humaines, finances et communication. Derrière les chiffres, ce sont des dizaines de familles qui se retrouvent directement fragilisées.
Les syndicats réclament désormais le paiement rapide des droits légaux des employés licenciés afin d’éviter une aggravation de leur situation sociale. Ils demandent également un contre-audit des compétences, estimant que les résultats actuels ne reflètent pas la réalité des profils présents au sein de la SRTB.
L’affaire dépasse désormais le cadre interne de l’entreprise.
Deux organisations de la presse privée béninoise ont publiquement réagi. La PADeM-Bénin condamne ce qu’elle qualifie de licenciement abusif, tandis que l’Union des professionnels des médias du Bénin alerte sur les conséquences psychologiques et sociales que pourrait provoquer une telle vague de départs.
Cette crise met en lumière une tension de plus en plus fréquente dans plusieurs médias publics africains : comment moderniser les structures, intégrer les nouvelles exigences numériques et rationaliser les coûts sans provoquer une fracture sociale majeure ?
La transformation des médias publics devient aujourd’hui un sujet stratégique. Digitalisation, nouvelles compétences, réduction des coûts, mutation des usages : les entreprises audiovisuelles sont poussées à évoluer rapidement. Mais lorsque ces transformations touchent directement l’emploi, elles deviennent aussi des sujets profondément politiques et humains.





