Quand l’IA fait objet de thème pour le Grand Débat de l’Année 2026

L’intelligence artificielle est-elle une opportunité de développement ou une menace pour l’Afrique ? La question a été au cœur  des échanges lors  du Grand Débat de l’Année (GDA), organisée le 30 mai à l’Hôtel 2 Février de Lomé. Devant un public composé de jeunes, d’étudiants et de professionnels, deux camps se sont affrontés autour de la question.

Né en mai 2018 sous l’impulsion du Révérend Père Samuel Attivi, à travers la JCDTE, le Grand Débat de l’Année a fini par se positionner comme un cadre de réflexion et d’expression citoyenne. Pour cette  édition, le choix du thème s’est porté sur l’intelligence artificielle, une technologie qui suscite autant d’engouement que d’inquiétude. 

Dès les premières prises de parole, les débatteurs ont mis en lumière les multiples implications de l’IA dans la vie quotidienne. Ils y voient un puissant levier de développement. Néanmoins d’autres redoutent ses conséquences sur l’emploi, l’éducation ou encore la souveraineté des États africains.

Entre progrès technologique et risques pour les sociétés africaines

Parmi les intervenants ayant défendu la motion selon laquelle l’intelligence artificielle représente davantage une menace pour l’Afrique, l’un d’eux a insisté sur la nécessité de ne pas sous-estimer les dangers liés à cette révolution technologique.

« Les risques sont tous urgents selon les domaines dans lesquels elle interagit : l’éducation, la santé, l’économie et l’emploi », a déclaré M. Elom Dzameshi au cours d’une interview. 

Pour lui, l’éducation constitue l’un des secteurs les plus exposés. Il estime qu’une dépendance excessive aux outils d’intelligence artificielle pourrait progressivement éloigner les populations africaines de certaines de leurs valeurs et accroître leur dépendance à des technologies développées hors du continent.

Au-delà de la question technologique, cette position met l’accent sur un point important : celui de la capacité de l’Afrique à rester maîtresse de son développement dans un monde de plus en plus dominé par les données et les algorithmes. Alors que les outils d’IA se multiplient dans les écoles, les entreprises et les administrations, plusieurs observateurs s’interrogent sur les mécanismes à mettre en place pour protéger les identités culturelles, les emplois et les données des populations africaines.

M. Dzameshi résume d’ailleurs son message par une formule bien connue : « En toute chose, il y a du bien et du mal. La science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Une invitation à adopter l’intelligence artificielle avec prudence et responsabilité.

Une opportunité à condition de maîtriser ses fonctionnalités 

Face à ces inquiétudes, d’autres participants ont préféré mettre l’accent sur les perspectives qu’offre l’intelligence artificielle pour le développement du continent.

M. Atcha Koffi Barthelemy, Responsable de communication pour l’événement s’est prononcé en ces termes: 

« Pour ma part je suis du côté de ceux qui pensent que l’IA est une opportunité de développement pour l’Afrique car l’époque à laquelle nous vivons actuellement est relative à la technologie et donc nous sommes appelés à bien utiliser cet outil pour améliorer notre quotidien dans tous les domaines » 

Présent dans la salle, M. Agbaletsi David se dit également convaincu que l’IA peut constituer un véritable espoir pour l’Afrique. Toutefois, cette opportunité ne pourra se concrétiser, selon lui, qu’à certaines conditions.

«  L’IA constitue un espoir pour l’Afrique à la seule condition que nous mettions en place un système pour sécuriser nos données », affirme-t-il.

Pour ce jeune participant, ce type d’initiative mérite d’être organisé plus régulièrement. Il estime que les débats consacrés aux nouvelles technologies permettent aussi bien aux jeunes qu’aux personnes plus âgées de mieux comprendre comment le monde évolue avec les nouvelles technologies et d’apprendre à utiliser l’intelligence artificielle de manière bénéfique.

Au terme des échanges, aucun consensus ne semble se dégager sur la place de l’intelligence artificielle en Afrique. Toutefois, tous s’accordent sur un point : l’Intelligence Artificielle est désormais une réalité avec laquelle les sociétés africaines devront vivre .  

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