FinalSpark : la startup qui transforme l’informatique grâce aux bio-ordinateurs

Une IA qui ne serait plus codée, mais cultivée. Eh oui ! Dans un laboratoire suisse, la startup FinalSpark tente de réinventer l’informatique en greffant des neurones humains sur des circuits électroniques. Leur ambition : créer des bio-ordinateurs capables de penser, d’apprendre et de consommer mille fois moins d’énergie que nos machines actuelles.

Une startup suisse à l’avant-garde

Fondée en 2014 par les mathématiciens Fred Jordan et Martin Kutter, FinalSpark s’est spécialisée dès 2019 dans le biocomputing ; une informatique fondée sur le vivant.

Leur prototype repose sur des organoïdes cérébraux : des mini-cerveaux cultivés à partir de cellules souches, connectés à des électrodes. Ces structures de 10 000 neurones reçoivent des impulsions électriques, réagissent, et peuvent être stimulées pour résoudre des tâches simples.

Une révolution énergétique

Un bio-ordinateur est un système de calcul basé sur des matériaux biologiques : neurones, ADN, enzymes ou tissus cérébraux cultivés en laboratoire. Contrairement aux machines électroniques, il utilise les propriétés naturelles du vivant pour traiter l’information.

Certains prototypes, comme les organoïdes cérébraux, imitent la structure du cerveau humain et peuvent apprendre, mémoriser ou résoudre des problèmes.

L’objectif de FinalSpark est donc double :

  • Réduire la consommation énergétique des systèmes informatiques. Là où un superordinateur consomme des mégawatts, le cerveau humain fonctionne avec seulement 20 watts, l’équivalent d’un chargeur de téléphone.
  • Explorer une nouvelle forme d’intelligence, plus proche du fonctionnement biologique du cerveau humain.

Bio-ordinateurs vs Ordinateurs classiques

  • Matériaux et architecture

Les bio-ordinateurs utilisent des neurones humains ou des organoïdes cérébraux cultivés en laboratoire. Le calcul repose sur des réactions biologiques et des signaux électriques naturels.

Les ordinateurs classiques, eux, fonctionnent avec des circuits électroniques gravés sur des puces de silicium. Le traitement de l’information repose sur des transistors et des algorithmes numériques.

  • Consommation énergétique

Les bio-ordinateurs sont ultra sobres : un cerveau humain consomme environ 20 watts. FinalSpark vise une informatique vivante à très faible impact énergétique.

Les ordinateurs classiques sont très énergivores : les supercalculateurs peuvent consommer plusieurs mégawatts, notamment pour l’IA générative.

  • Capacité d’apprentissage

Les bio-ordinateurs apprennent de manière organique, grâce à la plasticité neuronale et à une adaptation spontanée aux stimuli. Ils ne sont pas programmés, mais éduqués.

Les ordinateurs classiques apprennent via des algorithmes d’IA, supervisés ou non. Leur mémoire et leur apprentissage sont codés.

Les limites et les vertiges

Cette technologie soulève des questions essentielles. Les neurones utilisés proviennent de cellules de peau reprogrammées en cellules souches.

Et si ces structures deviennent conscientes ? Quelle régulation pour une machine vivante ?

FinalSpark reconnaît que le débat est ouvert, mais insiste sur le fait que ses organoïdes ne possèdent ni mémoire autobiographique, ni conscience.

Pour l’instant, ces structures sont encore en phase de recherche fondamentale, mais la startup espère proposer des modèles fonctionnels d’ici une dizaine d’années. En juin 2025, FinalSpark a franchi une étape : son bioprocesseur connecté à 16 organoïdes est désormais accessible en ligne pour des chercheurs du monde entier. Une sorte de cloud vivant, où l’intelligence computationnelle se cultive à distance.

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