À Sokoro, dans le nord de la Côte d’Ivoire, l’arrivée de l’électricité produite par la centrale solaire Ferké Solar commence à changer les habitudes. Le moulin de Lamoussa fonctionne davantage, les commerces peuvent conserver leurs produits au frais et l’école primaire dispose désormais d’une alimentation électrique plus régulière. La centrale de 52 MWc a été mise en service en juillet 2026 à quelques kilomètres de Ferkessédougou.
Le changement se voit d’abord dans les petites activités économiques. Lamoussa exploite un moulin à Sokoro. Avant l’arrivée de la nouvelle centrale, les coupures de courant interrompaient régulièrement son activité et endommageaient parfois ses équipements. Depuis quelques semaines, les coupures sont moins fréquentes pendant la journée. Son moulin fonctionne davantage et ses revenus ont augmenté, selon son témoignage recueilli par RFI.
Dans les commerces, l’électricité permet aussi de développer de nouvelles activités. Une commerçante du village utilise désormais ses réfrigérateurs pour vendre des boissons fraîches. Le courant ne sert donc plus seulement à éclairer les boutiques. Il permet aussi de conserver des produits et de générer de nouvelles ventes.
L’école profite aussi de cette amélioration
L’impact concerne également l’école primaire publique de Sokoro. Les salles de classe peuvent désormais rester éclairées lorsque le ciel s’assombrit. Les enseignants peuvent poursuivre leurs cours dans de meilleures conditions. L’établissement dispose aussi d’une salle informatique équipée d’une trentaine d’ordinateurs. Plus de 200 élèves doivent pouvoir s’initier à l’outil informatique grâce à cet équipement. Cette évolution montre un effet souvent moins visible des infrastructures énergétiques. Une alimentation électrique plus régulière peut modifier les conditions de travail, faciliter l’utilisation des équipements et ouvrir de nouveaux usages numériques.
Ferké Solar apporte 90 GWh d’électricité par an
La centrale Ferké Solar, située à Sokoro 2 dans la région du Tchologo, dispose de 73 341 panneaux photovoltaïques répartis sur environ 70 hectares. Elle affiche une capacité de 52 MWc et doit injecter près de 90 GWh d’électricité par an dans le réseau national. Le projet a été développé par PFO Énergies, filiale de PFO Africa. Sa construction a nécessité environ 41 milliards de francs CFA et s’est achevée en treize mois après la pose de la première pierre en février 2025. La centrale constitue la deuxième grande centrale solaire photovoltaïque du pays après celle de Boundiali. Elle doit aussi permettre d’éviter environ 39 000 tonnes de CO₂ par an selon les données communiquées lors de sa mise en service.
À Sokoro, les chiffres prennent désormais une dimension plus concrète. L’électricité permet à un moulin de fonctionner davantage, à un commerce de vendre des produits frais et à une école d’utiliser sa salle informatique. La transition énergétique se mesure aussi là : dans les activités qui peuvent enfin fonctionner plus régulièrement grâce à l’électricité.








