À Berlin, des chiens robots à l’effigie de Musk, Bezos et Zuckerberg transforment l’IA en satire géante

Berlin accueille actuellement l’une des installations artistiques les plus déroutantes de l’année technologique.

Baptisée Regular Animals, cette œuvre du célèbre artiste numérique Beeple met en scène des chiens robots autonomes équipés de visages hyperréalistes inspirés de figures majeures de la tech comme Elon Musk, Jeff Bezos ou Mark Zuckerberg. Leur particularité : ils se déplacent librement dans le musée avant de “déféquer” des images générées par intelligence artificielle, produites à partir de leur environnement immédiat.

L’installation, présentée à la Neue Nationalgalerie de Berlin, dépasse largement le simple effet viral.

Beeple utilise ici la robotique, l’IA générative et l’absurde pour interroger l’influence croissante des géants technologiques sur notre perception du monde. Chaque robot produit des images filtrées selon la “vision” culturelle ou idéologique associée à la personnalité qu’il incarne, transformant l’exposition en critique directe de la manière dont les plateformes et leurs dirigeants façonnent désormais les récits globaux.

Derrière l’humour volontairement provocateur, le message est sérieux : les nouveaux architectes de notre imaginaire collectif ne sont plus uniquement des artistes, cinéastes ou penseurs, mais aussi des patrons de plateformes numériques capables d’influencer massivement l’information, les comportements et les algorithmes.

L’exposition intervient dans un contexte où l’intelligence artificielle devient de plus en plus centrale dans : la création artistique, la production de contenus, la désinformation, la publicité et la gouvernance numérique. En transformant Musk, Bezos ou Zuckerberg en créatures mécaniques grotesques, Beeple ne critique pas seulement des individus, mais un système où pouvoir technologique, capital financier et contrôle algorithmique se confondent.

L’œuvre illustre aussi une évolution plus large : l’art contemporain utilise désormais l’IA non seulement comme outil créatif, mais comme instrument critique pour analyser ses propres conséquences sociales.

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