Le Mali dispose désormais d’un centre public entièrement consacré à l’intelligence artificielle et à la robotique. Le Centre d’intelligence artificielle et de robotique du Mali (CIAR-Mali) a été officiellement inauguré le 21 septembre 2026 à Kati Sirakoro Niaré, près de Bamako, par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta.
Le projet avait été annoncé en 2022 avant la pose de sa première pierre en juin 2023. Trois ans plus tard, l’infrastructure entre officiellement dans sa nouvelle phase. Le site s’étend sur 50 hectares et a été financé sur le budget national à hauteur de 3,3 milliards de francs CFA. Il comprend notamment des espaces administratifs et pédagogiques, des dortoirs, un amphithéâtre, une infirmerie ainsi que des installations techniques dédiées aux activités scientifiques et technologiques.
Former des spécialistes et produire des solutions locales
Le CIAR-Mali ne se limite pas à la formation académique. Sa mission couvre également la recherche et le développement dans l’intelligence artificielle et la robotique. Un atelier doit notamment permettre la fabrication et l’assemblage de systèmes intelligents, avec l’ambition de rapprocher les étudiants et les chercheurs de la conception de solutions concrètes.
Les premiers étudiants avaient déjà intégré le centre en 2025. En mars 2026, l’établissement comptait 94 apprenants, dont 54 en licence et 40 dans une filière préparatoire. Une nouvelle promotion de 40 étudiants doit intégrer le parcours préparatoire pour l’année universitaire 2026-2027.
L’objectif affiché dépasse la formation de spécialistes. Les autorités maliennes veulent voir émerger des applications adaptées aux besoins du pays, notamment dans l’agriculture, la santé, l’industrie, l’environnement, les mines et la sécurité. Le centre doit ainsi servir de point de rencontre entre formation, recherche, expérimentation et innovation.
Un investissement tourné vers la production technologique
Le choix d’un financement entièrement public donne au projet une dimension particulière. Le Mali cherche à développer ses propres compétences et à réduire sa dépendance aux technologies conçues ailleurs.
L’enjeu sera désormais de transformer cette infrastructure en véritable capacité scientifique et industrielle. Les formations devront produire des profils opérationnels, les laboratoires devront permettre des travaux de recherche réguliers et les projets développés devront pouvoir trouver des débouchés dans l’économie réelle.
Le CIAR-Mali entre ainsi dans une phase où son impact se mesurera moins à la taille de ses bâtiments qu’aux compétences formées, aux recherches produites et aux solutions technologiques développées sur place.








