Côte d’Ivoire et Sénégal renforcent leur coopération face aux menaces de cybersécurité

La Côte d’Ivoire et le Sénégal renforcent leur coopération en cybersécurité.

La Côte d’Ivoire et le Sénégal renforcent leurs échanges dans le domaine de la cybersécurité. Le 22 septembre 2026, l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) de Côte d’Ivoire a accueilli à Abidjan une délégation de la Direction Générale du Chiffre et de la Sécurité des Systèmes d’Information (DCSSI) du Sénégal. La visite doit durer trois jours et porte sur plusieurs enjeux opérationnels de la sécurité numérique.

La délégation sénégalaise est conduite par son directeur général, le colonel Aly MIMÉ. Elle a été accueillie par Wilfried-Élie KONAN, directeur général adjoint de l’ANSSI Côte d’Ivoire. Cette rencontre intervient dans un contexte où les administrations, les entreprises et les infrastructures essentielles dépendent de plus en plus des systèmes numériques. Une attaque contre ces systèmes peut affecter les services publics, les entreprises ou les infrastructures stratégiques.

Les incidents cyber au centre des échanges

La gestion des incidents cyber constitue l’un des principaux sujets de cette visite. Un incident peut prendre plusieurs formes. Une organisation peut subir une attaque informatique, une fuite de données, une compromission de compte ou une interruption de service. La réponse doit alors être rapide et coordonnée.

Les deux institutions veulent partager leurs expériences sur la détection, la réponse et la gestion de ces incidents. Cette coopération peut permettre de comparer les méthodes utilisées dans les deux pays et d’identifier des pratiques communes. Le partage d’expérience prend une importance particulière face à des attaques qui dépassent facilement les frontières nationales. Un attaquant peut cibler une entreprise depuis un autre pays et utiliser des infrastructures réparties dans plusieurs territoires.

Protéger les infrastructures critiques

La protection des infrastructures critiques figure également au programme des discussions. Ces infrastructures regroupent les systèmes dont le fonctionnement est essentiel à un pays. Les secteurs de l’énergie, des télécommunications, de la finance, des transports ou encore de l’administration peuvent notamment dépendre de systèmes numériques sensibles.

Une compromission de ces systèmes peut avoir des conséquences bien plus larges qu’un simple incident informatique. La coopération entre les deux institutions doit permettre de confronter les approches utilisées pour identifier les risques, renforcer les protections et améliorer la capacité de réaction. Cette dimension devient particulièrement importante avec la transformation numérique des services publics et des entreprises. Plus les services reposent sur le numérique, plus leur sécurité devient une question de continuité des activités.

La lutte contre la cybercriminalité dépasse les frontières

La cybercriminalité constitue le troisième grand axe de la visite. Les réseaux criminels utilisent des infrastructures situées dans plusieurs pays. Ils peuvent cibler des victimes dans un pays, stocker des données dans un autre et utiliser des services hébergés ailleurs.

Une réponse uniquement nationale atteint rapidement ses limites. Les échanges entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal peuvent donc faciliter la circulation de l’information et le partage des pratiques. Ils peuvent aussi renforcer les capacités des équipes chargées de répondre aux menaces. Cette coopération prend une dimension sous-régionale dans un espace ouest-africain où les économies et les services numériques sont de plus en plus connectés.

Formation et réglementation complètent les échanges techniques

La visite ne porte pas uniquement sur les réponses aux attaques. Les deux institutions souhaitent également explorer de nouvelles pistes de coopération dans la formation, la réglementation et le partage de bonnes pratiques. La formation constitue un enjeu important pour les structures chargées de protéger les systèmes d’information. Les menaces évoluent rapidement et nécessitent des compétences régulièrement mises à jour.

La réglementation joue également un rôle. Elle définit les responsabilités des organisations, les exigences de sécurité et les mécanismes qui encadrent la gestion des incidents. Ces différents volets permettent de travailler sur la cybersécurité avant même qu’un incident ne survienne.

Une coopération qui s’inscrit dans une dynamique régionale

La rencontre entre l’ANSSI Côte d’Ivoire et la DCSSI du Sénégal illustre une évolution importante de la cybersécurité en Afrique de l’Ouest. Les pays développent leurs propres capacités nationales, mais leurs systèmes restent connectés. Les menaces circulent entre les territoires et les attaques peuvent viser plusieurs pays avec les mêmes méthodes. La coopération devient donc un complément aux dispositifs nationaux.

Pour la Côte d’Ivoire comme pour le Sénégal, le partage d’expérience permet de renforcer les capacités existantes sans repartir de zéro à chaque nouvelle menace. Les échanges peuvent également favoriser l’harmonisation progressive des pratiques et la création de mécanismes de coopération plus réguliers.

La visite ouverte le 22 septembre doit ainsi permettre aux deux institutions de travailler pendant trois jours sur la gestion des incidents, la protection des infrastructures critiques et la lutte contre la cybercriminalité. La formation, la réglementation et les bonnes pratiques complètent les discussions. Au-delà de cette rencontre, la démarche traduit une volonté de renforcer la coopération en cybersécurité entre deux acteurs majeurs de l’espace ouest-africain.

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