Le gouvernement russe renforce ses mesures de contrôle d’Internet. Après s’être attaqué aux applications de messagerie telles que WhatsApp et Telegram, les autorités s’attaquent désormais aux réseaux privés virtuels (VPN), avec plusieurs centaines de services déjà bloqués. La censure est devenue de plus en plus stricte depuis 2022.
Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, la Russie a considérablement renforcé ses mesures de censure numérique. WhatsApp a d’abord été ralenti avant d’être bloqué. Telegram, bien que très populaire dans le pays et longtemps toléré en raison de son utilisation par les responsables gouvernementaux, a également été pris pour cible récemment.
Dans ce contexte, les VPN sont devenus la nouvelle cible du ministère russe du Développement numérique.
Une offensive assumée contre les VPN
Le ministre du Numérique, Maksut Shadayev, a annoncé un renforcement des mesures visant à limiter l’usage des VPN. Cette déclaration a été faite via MAX, l’application de messagerie officielle qui a remplacé plusieurs plateformes étrangères interdites.
L’objectif affiché est de réduire l’utilisation de ces outils, tout en affirmant vouloir minimiser l’impact sur les usages classiques d’Internet.
À la mi-janvier 2026, près de 400 services VPN avaient déjà été bloqués. Cette campagne s’inscrit dans une stratégie plus large incluant des interruptions de connexions mobiles et le brouillage de certaines applications de messagerie.
Pour y parvenir, les autorités s’appuient sur l’infrastructure de l’Internet souverain russe, notamment le système SORM, qui permet de surveiller et filtrer le trafic afin d’identifier et de neutraliser les protocoles VPN directement chez les opérateurs.
Une bataille technologique difficile à gagner
Malgré ces efforts, la lutte contre les VPN reste complexe. Ces outils évoluent constamment : lorsqu’un service est bloqué, d’autres apparaissent rapidement. Les fournisseurs les plus utilisés proposent régulièrement des mises à jour pour masquer le trafic VPN et le faire passer pour un trafic classique.
D’après des journalistes de Reuters sur place, de nombreux jeunes Russes ont adopté de nouvelles habitudes. Ils vont jusqu’à changer de VPN chaque jour. Cette pratique met en évidence à la fois les limites de la censure et l’importance de la demande.
Ainsi, des millions d’utilisateurs, en particulier les moins de 35 ans, continuent d’accéder à Instagram, YouTube ou encore à des médias indépendants grâce à ces outils.
Le projet d’un Internet russe autonome
Depuis 2019, la Russie travaille sur RuNet, un projet visant à créer un Internet national capable de fonctionner de manière autonome, même en cas de coupure avec le reste du monde.
Dans ce cadre, les opérateurs sont tenus d’installer des équipements de filtrage fournis par l’État. Le blocage des VPN apparaît donc comme une étape supplémentaire dans la construction de cet écosystème. Ce chantier engagé depuis plusieurs années reste encore inachevé.
Malgré les vagues de blocage, les téléchargements de VPN continuent d’augmenter fortement. Face à ces restrictions, les internautes russes développent des stratégies d’adaptation. Ces derniers se comportant désormais comme de véritables caméléons du numérique.


