YggTorrent définitivement démantelé : 12 personnes interpellées après plusieurs années d’enquête

YggTorrent définitivement démantelé : 12 personnes interpellées par la Gendarmerie française

L’un des plus grands sites francophones de téléchargement illégal ne renaîtra pas. Plus de trois mois après sa fermeture spectaculaire à la suite d’un piratage, YggTorrent a été officiellement démantelé par la Gendarmerie nationale. Une vaste opération judiciaire a conduit à l’interpellation de 12 personnes soupçonnées d’avoir participé au fonctionnement de la plateforme.

L’enquête, menée par les cyberenquêteurs de l’UNCyber de Montpellier sous l’autorité de la JIRS et de la JUNALCO, visait les administrateurs, modérateurs, analystes et membres de l’équipe chargée de la qualité des contenus. Selon les autorités, YggTorrent comptait plus de 10 millions de membres et figurait parmi les plus importantes plateformes européennes de partage illégal de fichiers.

Une plateforme qui rapportait des millions d’euros

Créé en 2017, YggTorrent s’était imposé comme le successeur de T411 auprès des internautes francophones. Son modèle économique reposait notamment sur la vente d’abonnements, des paiements en cryptomonnaies et différents services payants proposés aux utilisateurs.

D’après la Gendarmerie, les ayants droit auraient subi un préjudice estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros. Les perquisitions menées dans plusieurs régions françaises ont permis la saisie de crypto-actifs ainsi que de 45 000 euros de matériel informatique ayant servi à administrer la plateforme. Les enquêteurs y ont également découvert plus de 50 000 fichiers torrent.

Un épilogue après un piratage retentissant

L’annonce du démantèlement intervient plusieurs mois après un événement qui avait déjà précipité la chute du site. En mars dernier, un pirate informatique connu sous le pseudonyme Gr0lum était parvenu à infiltrer les serveurs de YggTorrent avant de publier une partie de ses données et de rendre la plateforme inutilisable.

Si cette attaque avait mis fin aux activités du site, l’enquête judiciaire, elle, se poursuivait depuis plusieurs années afin d’identifier les personnes derrière son exploitation. L’opération annoncée par la Gendarmerie marque donc la conclusion judiciaire d’une affaire qui a longtemps occupé les autorités françaises.

Cette affaire rappelle que la lutte contre le piratage ne cible plus uniquement les plateformes elles-mêmes. Les enquêteurs cherchent désormais à remonter jusqu’aux réseaux qui les administrent, les financent et en tirent des revenus.

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