Jusqu’ici, les intelligences artificielles comme ChatGPT ont été créées en Occident et pensées pour ceux qui écrivent bien le français. Au Togo, l’équipe de Strive AI a décidé d’apporter une vraie solution locale en lançant la toute première version de Yawo AI. Ce n’est pas un simple traducteur : c’est une IA avec 1,5 milliard de paramètres qui comprend, réfléchit et s’exprime directement en éwé. Elle connaît nos proverbes, notre culture et notre façon de parler. Et en plus, cet outil sera bientôt gratuit et accessible à tous (Open Source), ce qui permet de garder nos données chez nous.
Le constat d’un blocage culturel avant l’idée d’un modèle pensé sur mesure pour le Togo
Avant que Yawo AI ne voie le jour, le problème était clair pour son concepteur : les outils technologiques importés imposent une vision du monde qui ne correspond ni aux structures de pensée locales, ni à la richesse des échanges en Afrique de l’Ouest. En observant que les citoyens devaient sans cesse déformer leurs idées pour les adapter à une logique occidentale, l’initiative portée par Strive AI est née d’un besoin de justice numérique.
L’ambition de son créateur n’était pas de concevoir une simple application de plus, mais de prouver qu’un développeur togolais pouvait bâtir de toutes pièces un modèle capable de préserver l’identité linguistique tout en répondant aux enjeux réels de sa communauté.
Un outil pratique pour faire ses démarches sans bloquer sur la langue
Dans la vie de tous les jours, ne pas lire ou écrire le français est un vrai problème quand il faut aller à l’hôpital, à la banque ou dans un bureau de l’administration. Souvent, il faut chercher quelqu’un pour traduire ou expliquer. Avec Yawo AI, cette barrière disparaît. Comme l’outil comprend directement le parler local, n’importe quel citoyen peut poser ses questions, comprendre un document ou faire une démarche administrative en toute autonomie, sans dépendre de personne.
Un coup de pouce concret pour les commerçants et les gens du marché
C’est dans le commerce local et les marchés que cet outil va vraiment changer les choses. Pour une revendeuse, un artisan ou un chauffeur, l’IA sert à faire des calculs, gérer des stocks de marchandises, suivre les dettes ou fixer des prix directement en éwé. Cette première étape ouvre d’ailleurs d’immenses perspectives pour la tech togolaise. Alors que ce projet n’en est qu’à ses débuts, est-ce que les futures versions de Yawo AI réussiront à rivaliser avec des géants mondiaux comme ChatGPT ? Ce modèle local pourra-t-il, à terme, atteindre le même niveau de puissance tout en gardant son empreinte culturelle unique ? L’avenir nous le dira, mais le premier pas est déjà franchi.








