L’Union européenne souhaite empêcher les mineurs d’accéder à des contenus qui ne leur sont pas destinés. Une application de vérification d’âge en ligne a vu le jour, mais son déploiement marque le pas.
Le 15 avril, la Commission européenne a annoncé qu’une application de vérification de l’âge était opérationnelle. Le principe est simple : vérifier si un utilisateur est majeur ou mineur, sans révéler sa date de naissance ni son identité à la plateforme. Pas de photo de pièce d’identité, pas de numéro de carte bancaire, juste une réponse binaire envoyée au service concerné.
Les États membres peuvent l’adopter de deux manières : sous forme d’application autonome ou intégrée au futur portefeuille d’identité numérique européen, que chaque pays doit mettre à disposition d’ici décembre. La vice-présidente de la Commission chargée du numérique, Henna Virkkunen, a exhorté les capitales à accélérer le processus.
Des résistances et des doutes
Sur le terrain, huit pays membres hésitent ou refusent l’outil européen, préférant développer leurs propres solutions nationales. Résultat : vingt-sept dispositifs différents pour un même problème commun.
Des experts en cybersécurité ont par ailleurs signalé en avril des failles dans le code de l’application, touchant à la fois la sécurité et la vie privée. La Commission minimise, arguant qu’il s’agissait d’une version de démonstration. Ce discours contradictoire, outil « prêt » mais code encore imparfait fragilise la crédibilité du projet.
Un cadre commun comme solution de compromis
Pour contourner les blocages, Bruxelles prépare une liste de solutions alternatives conformes aux standards européens, encadrées par un Age Verification Scheme. Plutôt qu’un outil unique imposé, l’idée est d’accepter la diversité technique sous réserve du respect d’exigences communes.
Un contexte qui donne du poids à l’initiative
Ces annonces interviennent au moment même où la Commission accuse Meta d’avoir laissé 10 à 12 % des moins de 13 ans accéder à Instagram et Facebook. Le message est donc clair, les plateformes doivent renforcer leurs contrôles, et les États doivent leur en donner les moyens.


