Tech Communities Day 2025 : au cœur de la mobilité urbaine et de la Tech Made in Togo

Ce samedi 19 Juillet dans l’enceinte de l’Institut Français de Lomé s’est tenu l’édition 2025 du Tech Communities Day organisé par l’organisation Hyver, un événement qui a réuni porteurs de projets, développeurs, architectes, chercheurs, passionnés de ville intelligente et acteurs du numérique pour discuter d’un sujet brûlant : la mobilité urbaine à l’ère du digital.

Sur place, la tension est bonne, les échanges francs, les ambitions immenses. Dès les premières prises de parole, une vérité s’impose : la technologie ne suffit pas. C’est l’humain qu’il faut remettre au centre. Et c’est ce que tous les intervenants ont tenté de démontrer avec profondeur, humilité… et lucidité.

Quand on parle mobilité, on parle bien plus que de transport.

On parle d’accès. D’équité. De sécurité. De dignité. Ce sont ces enjeux qui ont traversé les échanges entre chercheurs, urbanistes, entrepreneurs et étudiants. Et ce sont aussi ces idées qui circulaient de stand en stand, de salle en salle.

Parmi les prises de parole les plus fortes, celle du Dr Alphonse GOGOLI, CEO de DEEZPRO, a marqué les esprits :

« L’erreur en Afrique, c’est de copier-coller les modèles d’ailleurs. La mobilité ici ne peut pas être conçue avec des schémas venus de villes qui n’ont ni nos routes, ni nos réalités. » Pour lui, le retard technologique n’est pas un handicap. C’est une opportunité de tirer les leçons des échecs des autres. D’anticiper les failles. De créer local.

Zémidjans digitalisés, plateformes VTC adaptées au contexte ouest-africain comme Gozem, GPS collaboratifs comme Waze, covoiturage responsable : la table ronde a passé en revue plusieurs solutions numériques existantes. Mais tous s’accordent à dire que la tech ne résout rien seule. Elle doit dialoguer avec l’urbanisme, le droit, la politique publique.

Sabrine BAKO, architecte, a été claire :

« Il est urgent de créer un vrai lien entre urbanisme et technologie. Sans coordination, sans vision commune, chaque solution reste une rustine. »

Même tonalité du côté de Mawussi AYITE, doctorant en urbanisme, qui insiste :

« Ces plateformes doivent être mieux régulées. Mais elles ont un impact social fort : elles facilitent la mobilité des femmes, des jeunes, des personnes handicapées, surtout la nuit. »

Mais alors, comment passe-t-on de l’idée à l’action ?

Hugues Bassim-Swé BAMASSI, développeur web, pose la question sans détour : « en tant que développeur web , mobile, il ne s’agit plus de créé plusieurs entreprises dans sa chambre et dans son local host , mais de passé à l’action en empruntant de l’idée à l’action »

L’événement n’était pas qu’un espace de discussions. C’était aussi une célébration de l’engagement des jeunes, des universités, des communautés tech de Lomé et d’ailleurs. À travers les TCC Lead Awards, plusieurs institutions ont été mises à l’honneur, dont l’IAI, l’UL, l’ESGIS et l’ESA Togo. Mention spéciale à l’Africa Development University du Niger, couronnée meilleure université engagée dans l’écosystème tech.

Ce Tech Communities Day 2025, c’était plus qu’une rencontre. C’était une démonstration : celle que la Tech togolaise sait se poser les bonnes questions, au bon moment. Et qu’elle n’attend pas qu’on lui donne la parole pour agir.

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