La deuxième édition de la Journée scientifique de l’intelligence artificielle et de la santé numérique s’est tenue le samedi 4 juillet à l’auditorium de l’Université de Lomé. La rencontre a réuni de jeunes chercheurs togolais, des étudiants ainsi que des professionnels du domaine autour du thème de l’intelligence artificielle appliquée à la santé .
L’objectif était de partager des expériences et de réfléchir aux possibilités qu’offre cette technologie pour renforcer le système de santé au Togo. Selon les organisateurs, l’intelligence artificielle peut contribuer à améliorer le diagnostic de certaines maladies, faciliter la prise en charge des patients ou encore aider à anticiper des épidémies grâce à l’analyse des données.
À travers cette journée, plusieurs chercheurs togolais sont venus présenter leurs travaux et montrer les applications concrètes de l’IA dans le domaine de la santé. Parmi eux figurait Elvis Blitti, diplômé en intelligence artificielle.
Il a présenté un travail de recherche consacré à la détection des anomalies dans les sons du cœur grâce à l’intelligence artificielle et au machine learning. Selon lui, toute maladie qui peut affecter le cœur ou les vaisseaux sanguins provoque un battement anormal du cœur . Pourtant, ces anomalies sont souvent découvertes à l’hôpital ou parfois lorsque la maladie est déjà bien installée.
Son projet consiste donc à entraîner une intelligence artificielle à reconnaître les différences entre des battements de cœur normaux et anormaux. « On a collecté des battements normaux du cœur et des battements anormaux. À partir de ça, on a créé une solution d’intelligence artificielle qui peut détecter si un son du cœur est normal ou pas », explique-t-il.
À terme, cette technologie pourrait permettre de détecter bien plus tôt certaines maladies cardiovasculaires et ainsi améliorer la prise en charge rapide des patients.
Au-delà de ce projet présenté, cette journée visait aussi à montrer les possibilités qu’offre l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé.
D’après le document préparatoire de l’événement, les échanges devaient notamment porter sur l’aide au diagnostic, la télémédecine, la médecine de précision, la gestion des ressources médicales ainsi que les enjeux liés à l’utilisation de ces technologies au Togo.
Pour M. Blitti étudiant chercheur en IA, le développement de l’intelligence artificielle au Togo est tout à fait faisable et doit passer avant tout par la formation.
« Il faut surtout intégrer des notions d’IA déjà au lycée. Pas en profondeur, mais des bases… il faut informer les gens sur tous les métiers qui sont possibles dans l’IA», affirme-t-il. Il estime également que les universités devraient renforcer l’enseignement de domaines comme la vision par ordinateur ou la robotique.
À cela s’ajoute, selon lui, la nécessité de créer davantage de laboratoires de recherche et de start-up capables de développer des projets innovants. « Il faut vraiment qu’on amène des investisseurs », insiste M. Blitti.
S’il estime que les Togolais disposent déjà d’une bonne base en mathématiques, le chercheur pense qu’il faut aller plus loin. « Il faut, en plus de nous apprendre les maths pour passer les examens, donner aux élèves de l’intuition mathématique et leur apprendre à réfléchir pour innover », conclut-il.
À travers cette deuxième Journée scientifique, les organisateurs entendaient ainsi créer un cadre d’échanges entre chercheurs, professionnels de santé et étudiants afin de promouvoir des solutions innovantes adaptées aux réalités du pays. Une initiative qui témoigne de l’intérêt grandissant porté à l’intelligence artificielle et à ses applications dans le secteur de la santé au Togo.








