Snap espérait frapper un grand coup en dévoilant ses lunettes de réalité augmentée SPECS. Présentée comme une avancée majeure après plus de dix ans de recherche et des milliers de brevets déposés, le lancement de SPECS a immédiatement provoqué une chute de l’action Snap, marquant un revers brutal pour l’entreprise.
Une réception glaciale
À peine annoncées, les SPECS ont provoqué une chute de l’action Snap de plus de 5 %, passant de 5,86 dollars à 4,83 dollars en une seule journée. Sur l’année écoulée, le titre a déjà perdu près de 30 %, signe d’une confiance ébranlée des investisseurs. La raison principale de cette défiance est simple : le prix.
Un pari trop ambitieux
Vendues près de 2 200 dollars, les SPECS se veulent un produit haut de gamme. Evan Spiegel, PDG de Snap, les décrit comme « un ordinateur portable et incroyablement capable ». Il est censé combler l’écart entre les Ray-Ban Meta, abordables mais limitées, et l’Apple Vision Pro, puissant mais encombrant. Mais ce positionnement peine à convaincre, car la clientèle traditionnelle de Snap (adolescents et jeunes adultes) n’a ni les moyens ni l’envie d’investir une telle somme dans un produit encore perçu comme expérimental.
Les inquiétudes du marché
Si les démonstrations séduisent les passionnés de technologie, elles peinent à convaincre le grand public de leur utilité quotidienne. Les investisseurs doutent de la rentabilité d’un projet aussi coûteux, d’autant que Snap reste avant tout une plateforme sociale et non un constructeur hardware reconnu. La stratégie de diversification expose l’entreprise à des comparaisons défavorables avec des géants comme Apple et Meta, mieux armés pour imposer leurs produits.
En définitive, les SPECS incarnent à la fois l’ambition et la fragilité de Snap. Elles témoignent de la volonté de l’entreprise de se réinventer, mais révèlent aussi les limites d’un modèle reposant sur une clientèle jeune et peu solvable. Pour transformer ce pari en succès, Snap devra soit ajuster son prix, soit inventer des usages concrets capables de séduire au-delà des passionnés de réalité augmentée. Sans cela, les SPECS risquent de rester un symbole d’audace… mais aussi d’un faux pas stratégique.








