Le 22 avril 2026, We Are Social et Manochi, un cabinet spécialisé dans les analyses stratégiques, ont publié la dernière édition de leur rapport sur le numérique. Ce document de 600 pages s’appuie sur des données provenant de plusieurs sources réputées : GWI, Similarweb, Statista et Semrush. Son objectif est de fournir un aperçu complet de l’utilisation du numérique à mi-parcours de l’année. Voici les principaux enseignements à en tirer.
Intelligence artificielle : son adoption explose

C’est sans aucun doute la conclusion la plus frappante de cette édition : le nombre de personnes utilisant des outils d’IA générative a plus que doublé en l’espace d’un an. On compte désormais 2,42 milliards d’utilisateurs dans le monde, qu’ils utilisent ChatGPT, Gemini ou Doubao, l’application développée par ByteDance, la société mère de TikTok.
Plus généralement, 81,2 % des adultes connectés ont utilisé une application d’IA au cours du mois dernier, ce qui représente environ 4 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale (48,6 %).
Hors Chine, ChatGPT domine largement avec 592 millions d’utilisateurs mobiles actifs par mois en février 2026, loin devant Gemini (152 millions) et Grok (61,9 millions).
Pourquoi les gens utilisent-ils l’IA ?
Les motivations principales sont les suivantes :
- Chercher des informations : 58,8 %
- Trouver des conseils face à un problème : 37,8 %
- Apprendre ou développer ses compétences : 37 %
- Créer ou retoucher des images et vidéos : 33,5 %
- Gagner du temps et être plus efficace : 33,1 %
Côté inquiétudes, le manque de fiabilité des réponses reste la préoccupation numéro un (26,7 %), devant les risques sur l’emploi et l’économie (22,3 %), et les questions de contrôle et d’autonomie (21,9 %).
Comme le souligne Toby Southgate, Global CEO de We Are Social : avec quatre milliards d’adultes utilisant des outils d’IA, ces technologies sont profondément ancrées dans nos vies. Les marketeurs doivent s’en emparer non seulement comme d’un outil fonctionnel, mais aussi comme d’un véritable levier de créativité pour répondre aux enjeux des marques.
Internet dans le monde : une croissance qui se stabilise

Le web continue de progresser, mais à un rythme plus modéré. En avril 2026, 6,12 milliards de personnes sont connectées à Internet, soit 73,8 % de la population mondiale. Sur un an, ce sont 59 millions de nouveaux internautes qui ont rejoint la toile, une hausse de 1 %.
Quelques chiffres supplémentaires à noter :
- 5,83 milliards de personnes disposent d’un abonnement mobile unique, soit 70,4 % de la population mondiale.
- Les raisons principales de se connecter restent la recherche d’informations (60,1 %), rester en contact avec ses proches (57,7 %) et regarder des vidéos ou des séries (53,4 %).
- 96,7 % des adultes en ligne utilisent chaque mois au moins une application de messagerie ou un réseau social.
- Les moteurs de recherche sont utilisés par 79,3 % des adultes en ligne, c’est la première fois que ce chiffre passe sous la barre des 80 %, signe que l’IA commence à concurrencer les recherches classiques.
- Google reste le site le plus visité au monde avec 3,19 milliards de visiteurs uniques mensuels, soit environ sept fois plus que ChatGPT (456 millions).
- En France, les internautes passent en moyenne 27 h 43 par semaine à consommer des contenus en ligne, contre 33 h 13 en moyenne mondiale.
Réseaux sociaux : toujours en croissance
Contrairement aux prédictions de déclin, les plateformes sociales continuent de séduire de nouveaux utilisateurs. En avril 2026, on recense 5,79 milliards de comptes actifs, soit près de 69,9 % de la population mondiale, avec 294 millions de nouveaux arrivants sur un an (+5,4 %).
Facebook et YouTube, toujours en tête

En termes d’usage déclaré, Facebook conserve sa première place : 56,3 % des internautes de 16 ans et plus affirment l’avoir utilisé au cours du dernier trimestre, un taux stable depuis deux ans. Sa portée publicitaire atteint 2,39 milliards de personnes, en hausse de 2,3 % sur un an.
YouTube se hisse en deuxième position avec 55,3 %, suivi de près par Instagram (54,6 %) et WhatsApp (54,4 %). Mais lorsqu’on analyse les données d’ouverture réelle des applications, YouTube passe devant tout le monde, y compris Facebook, qui tombe à la quatrième place. Sa portée publicitaire atteint quant à elle 2,65 milliards de personnes, en hausse de 4,3 % sur un an.

La plateforme vidéo de Google connaît aussi une forte progression sur les télévisions connectées : 59 % de son audience publicitaire est désormais accessible via les smart TV, faisant de ce support le deuxième écran de YouTube après le mobile (89,7 %).
WhatsApp monte, Messenger dégringole

Au sein de l’écosystème Meta, un changement majeur s’est produit. Depuis novembre 2025, Meta a supprimé la publicité dans la boîte de réception de Messenger, provoquant une chute de 95,2 % de sa portée publicitaire en un an, une perte sèche de 918 millions de personnes. Messenger ne touche plus aujourd’hui que 46,5 millions de personnes via la publicité, contre 942 millions juste avant cette décision. Son usage déclaré est également en recul de 10 % sur deux ans, à 36,9 % des adultes en ligne.
À l’inverse, WhatsApp ne cesse de progresser. Avec 3 milliards d’utilisateurs actifs mensuels et 54,4 % des internautes de 16 ans et plus déclarant l’utiliser chaque mois, l’application s’affirme comme un outil incontournable, y compris pour les professionnels du marketing. Sa base d’utilisateurs est désormais deux fois plus grande que celle de Messenger, illustrant concrètement le basculement en cours au sein de l’écosystème Meta.

Internet, l’IA et les réseaux sociaux ne sont plus des phénomènes parallèles : ils s’imbriquent de plus en plus dans les habitudes quotidiennes des utilisateurs. Comme l’explique Simon Kemp, cofondateur de Manochi et auteur principal des Global Digital Reports : les réseaux sociaux n’ont jamais été autant utilisés, et les moteurs de recherche restent le canal le plus influent dans les décisions d’achat. La véritable opportunité réside dans la compréhension de la façon dont toutes ces technologies sont utilisées conjointement, afin de concevoir des produits et des expériences adaptés à la diversité des besoins.


