Pendant deux jours, Lomé est devenue le point de rencontre des régulateurs, experts, entreprises, universitaires et décideurs venus réfléchir à un sujet devenu incontournable : la protection des données personnelles. Pour sa deuxième édition, le Forum International sur la Protection des Données à Caractère Personnel (FIPDCP) a confirmé son ambition de s’imposer comme un cadre panafricain de dialogue et de coopération autour de la gouvernance des données, de la cybersécurité et de la confiance numérique.
Une deuxième édition placée sous le signe de la maturité
En ouvrant les travaux, Gaël D’ALMEIDA, Commissaire général du Forum, a rappelé que cette deuxième édition marque une nouvelle étape. Après avoir sensibilisé les acteurs lors de la première édition, le FIPDCP entre désormais dans une phase d’opérationnalisation, avec un objectif clair : proposer des solutions concrètes face aux défis de la gouvernance des données en Afrique.
Son message a donné le ton : la protection des données n’est plus seulement une obligation réglementaire, mais un investissement stratégique capable de renforcer la réputation, la compétitivité et la pérennité des organisations.
Former avant de sanctionner : le message fort des régulateurs
L’un des temps forts du Forum a été la table ronde réunissant les autorités de protection des données du Togo, du Bénin et du Mali. Le message était unanime : avant de sanctionner, il faut accompagner les organisations, renforcer les compétences et développer une véritable culture de la protection des données.
Comme l’a résumé Abaloutou Bialabna, chef du service Conformité à l’IPDCP : « La protection des données n’est pas une dépense, c’est un investissement. »
Les échanges ont également montré que les défis sont largement partagés entre les différents pays africains, renforçant l’intérêt d’une coopération régionale plus étroite entre les autorités de protection des données.
Des conférences tournées vers les solutions
Au-delà des débats institutionnels, les différentes conférences et panels ont apporté des réponses concrètes aux organisations. Les discussions ont porté sur :
- la communication de crise après une violation de données ;
- le rôle des autorités de protection des données dans la régulation numérique ;
- la mise en œuvre opérationnelle de la conformité ;
- la protection des données comme facteur de compétitivité ;
- les stratégies de prévention et de maîtrise des risques cyber ;
- les conséquences juridiques, économiques et réputationnelles des violations de données.
Un constat est revenu tout au long des échanges : la gouvernance des données ne concerne plus uniquement les juristes ou les responsables conformité. Elle implique désormais les dirigeants, les responsables informatiques, les équipes métiers et les collaborateurs.
Privacy by Design, vidéosurveillance et cybersécurité : des recommandations concrètes
Le Forum s’est également distingué par son approche très opérationnelle.
Les experts ont insisté sur l’importance d’intégrer la protection des données dès la conception des projets (Privacy by Design), d’accompagner progressivement les PME dans leur mise en conformité et de mieux encadrer les dispositifs de vidéosurveillance afin de concilier sécurité et respect des droits des personnes.
Autre enseignement majeur : la cybersécurité ne dépend pas uniquement des outils technologiques. Les intervenants ont rappelé que les comportements humains, les partenaires externes et les prestataires restent parmi les principales sources de vulnérabilité. Sensibiliser les équipes est donc devenu aussi important que déployer des solutions techniques.
Une dynamique panafricaine qui se confirme
Cette deuxième édition a également confirmé la volonté de construire une vision commune de la gouvernance des données en Afrique. Aux côtés des autorités togolaises, des représentants de l’APDP Bénin, de l’APDP Mali, du secteur privé, du monde académique et d’organisations spécialisées ont partagé leurs expériences afin d’harmoniser les pratiques et de renforcer la coopération régionale.
Le FIPDCP s’impose comme un rendez-vous de référence
Au terme de cette deuxième édition, une conviction ressort des échanges : protéger les données personnelles, c’est protéger la confiance.
Le FIPDCP 2026 aura surtout montré que les enjeux de gouvernance des données dépassent désormais le cadre réglementaire. Ils touchent directement la compétitivité des entreprises, la souveraineté numérique des États, la résilience face aux cybermenaces et la confiance des citoyens dans les services numériques.
En réunissant autorités de régulation, experts, entreprises et partenaires autour d’une même vision, le Forum confirme progressivement sa place parmi les rendez-vous incontournables consacrés à la gouvernance des données en Afrique francophone.








