Ce petit indice qui révèle que l’IA a écrit votre texte

De plus en plus de textes générés par intelligence artificielle circulent sur le web. Si certains sont difficiles à distinguer de la production humaine, d’autres laissent transparaître des indices typiques. Parmi eux, un détail surprend les professionnels de l’édition : l’usage abusif du tiret cadratin.

Un signe typographique détourné

Le tiret cadratin (—) est un signe de ponctuation bien connu des typographes. On l’utilise traditionnellement dans les dialogues littéraires ou pour isoler une incise forte. Dans la presse et l’écriture numérique en revanche, on préfère le tiret moyen (–), parfois remplacé par des parenthèses ou une virgule.

Or, les chatbots comme ChatGPT ont tendance à employer le tiret cadratin partout, y compris là où un autre signe serait plus approprié. Une phrase générée par l’IA pourrait par exemple écrire : « Sans contrôle, une IA peut reproduire — voire amplifier — certains biais ». Ici, la typographie française attendrait plutôt des tirets moyens ou de simples virgules.

Un indice qui trahit le texte automatique

Cette manie n’est pas anodine. Elle constitue l’un des marqueurs qui permettent aux lecteurs avertis de reconnaître un texte généré automatiquement. Tout comme certaines tournures trop lisses ou des phrases équilibrées à l’excès, le tiret cadratin trahit une écriture artificielle, plus proche de la mise en forme anglo-saxonne que des usages éditoriaux francophones.

À l’heure où de nombreux contenus en ligne sont produits avec l’aide de l’IA, ce genre de détail devient une clé de lecture. Les rédactions, mais aussi les étudiants ou les communicants qui utilisent ces outils, doivent en avoir conscience s’ils veulent préserver la fluidité et l’authenticité de leur style.

Reprendre la main sur ses textes

L’intelligence artificielle peut être un allié précieux, mais elle ne remplace pas la relecture humaine. Les experts recommandent trois bonnes pratiques pour éviter que vos textes ne sentent « l’IA » :

  • écrire soi-même son premier jet, l’IA servant seulement à enrichir ou clarifier certains passages ;
  • relire attentivement pour corriger les tics de langage et de ponctuation (comme ces fameux tirets cadratins) ;
  • lire son texte à voix haute pour vérifier qu’il reflète bien son propre style.

l’IA doit être considérée comme un assistant, pas comme un auteur. Comme un correcteur orthographique, elle peut aider mais elle se trompe aussi. Derrière chaque contenu, c’est à l’humain de rester le pilote et de garder le dernier mot.

 

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